Poésie contemporaine Rudes rêves



En ce jour des Morts
Il parcourt les tombes
Et ère dans ce décor
Rectiligne et froid
Avant-goût des limbes
Où seul le silence est roi.
Il la ressent pourtant pulser en lui cette vie,
A travers le cuir de ses chaussures vernies
Qui crissent sur le gravier blanc.
Combien avant lui se sont sentis
Aussi déplacés en ces lieux gris ?
Soufflant leur haleine vaporeuse,
Lèvres glacées, joues rouges sang :
Autant d’insolents narguant la Faucheuse.
N’est ce pas elle, cette blanche colombe
Perchée sur un mausolée de marbre blanc ?
Elle le guette et se drape dans les ombres
Elle en fera sous peu son pénitent
De ce mortel, de ce pauvre impertinent.
Sa place est là, dans ce cimetière,
Où d’autres viendront le pas amer
Faire crisser comme lui auparavant,
Leurs souliers sur les graviers blancs.
En ce jour des Morts,
Il renifle le froid.
Des cailloux protègent de leurs corps
Une couronne de mauvaises herbes,
Il renie l’effroi :

Il a trouvé sa tombe.





1er novembre 2008.
Sam 1 nov 2008 Aucun commentaire