Poésie contemporaine Rudes rêves


 La dernière phalange, bouclier contre bouclier

 

 Les hoplites étaient alignés
 Droits, tels des épis de blé
 Les cimiers bigarrés des casques
 Ondulaient dans les bourrasques
 Pieds calés dans la terre meuble
 Les soldats, humbles fils du peuple
 Attendaient le choc
 Plantés tels des rocs
 Paysans ou commerçants *
 Grecs, et tous braves gens
 Bouclier contre bouclier
 Guerriers du même collier
 Dans la phalange des Thébains
 Ces doigts d’une même main
 Ne craignaient ni le pieu, ni la flèche
 De la horde hérissée venue de Perse.

 

 
Les hoplites resserrèrent les rangs
Droits, ils formèrent un mur vivant
Cœurs battants derrière le fer
La droite protégée par le frère **
La sueur coulait sous les casques
La peur roulait sous les masques
Les mains, calleuses, soudain, se serrèrent
Montèrent les lances et tendirent les fers
Vague furieuse, les corps ennemis
Se disloquèrent sur la ligne unie
Se brisèrent les hampes dans la fange
Rougirent les piques de la phalange
Le bronze poli,  plia mais tint bon
Les cuirasses se couvrirent de horions
Moissonnés, les ennemis se dispersent
Brisés, leurs corps refluèrent à la Mer.


 

 
Ruedesrêves, 23 juillet 2008, texte déposé, tous droits réservés.

 

 

 
    * Hommage (fantaisiste) aux hoplites grecs venus nombreux mourir aux côtés des valeureux spartiates de Léonidas, qui eux étaient des soldats professionnels. L’histoire n’a retenu qu’eux, pas les pauvres paysans et pères de familles Thébains et Thespiens venus pour mourir aussi.

 

 
    ** Contrairement aux idées reçues, le bouclier creux (Aspis koilè ou Hoplon) se portait à main gauche et protégeait donc le côté droit de l’hoplite voisin.

 

Dim 24 aoû 2008 Aucun commentaire