Partager l'article ! Prendre une feuille ...: Prendre une feuille, fébrileComme on descend un verreEn manque de motsEn panne d’amour Prendre une feui ...
| Juin 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | |||||
|
||||||||||
Prendre une feuille, fébrile
Comme on descend un verre
En manque de mots
En panne d’amour
Prendre une feuille, vite
Y coucher son âme
Y
déverser sa peine
Y renverser sa haine
Prendre une feuille, maintenant
Comme on tire sur un joint
Ecrire asphyxié sans respirer
Ecrire à en saigner des
mains
Prendre une feuille, tout se suite
S’y plonger violemment
S’y étendre passionnément
S’y répandre jusqu’à
l’écœurement
Prendre une feuille, sauvagement
Pénétrer son sexe de papier
Avec son « stylo godemiché »
Lui faire l’amour à en
pleurer
Prendre une feuille, blanche
Pelleter des brouettes de mots
Pour ensevelir cette souffrance
Pour combler cette
béance
Prendre une feuille, même sale
La couvrir avec son sang
La remplir d’excréments
Puis la chiffonner
banalement
Prendre une feuille, addiction
Crever l’abcès de ses contradictions
Crûment exposer ses inhibitions
S’amputer, se faire une
ablation
Prendre une feuille, pantelant
Comme prendre un dernier train
Composter un dernier aller simple
Un ultime voyage, sans espoir de
retour
PRENDRE UNE FEUILLE,
Prendre une feuille !
La beauté semble s'être retirée de la feuille pour nous dévoiler toute la violence de ce monde.
Bien poétiquement, Jack.
je persite à croire que le monde est beau mais cruel ...
amitiés rudes
j'essaie d'exprimer autrement des sentiments, des états d'âme que bien d'autres avant moi ont non seulement ressenti mais bien mieux décrit ou écrit que moi ...
mais je persiste à écrire car j'en ressens un besoin vital
peut être devrais-je garder ces sentiments pour moi, ne pas les partager ... là est aussi la question ?
en tout cas je ne ressens pas de remord sur ce que je produis, à te lire je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi tu devrais t'imposer cette souffrance
Quant à celui qui nous intéresse, ma question valait autant pour moi : qu'ai-je envie d'illustrer de mots ? Pour quelle fin écrire ? Démarche simplement exutoire ou aspiration plus ouverte sur le monde, ce qui n'est qu'une question ouvrant à d'autres, en fin de compte... Celle de dépeindre le monde tel qu'il est (avec tous les partis pris que cela suppose) ou tel que nous le voudrions (avec pas moins de partis pris d'ailleurs...) ? Celle de puiser dans la nature humaine notre inspiration, et de même que pour le monde, n'en livrer que l'aspect le plus répugnant ou y chercher la trace d'une noblesse essentielle et porteuse d'espérances ? Ou encore n'écrire que sur soi, et à travers cette quête intrinsèque, parvenir à traduire le mal-être ou la raison d'être des autres...
Toute démarche est respectable. Mais nos choix entraînent une qualité et un intérêt variable... La plume pleureuse, qui toujours plaint son sort et se complaît dans la rengaine de sa misère, on finit par deviner ce qu'elle nous chantera au dernier vers quand on attaque le premier. Et puis quoi ? Comme disait Wilde : "Le malheur des autres est toujours d'une banalité désespérante". Voilà une réflexion qui incline à l'humilité, non ?
Bon, excuse-moi, je m'étends en longueur, et je crois que je pars un peu dans tous les sens. C'est un sujet intéressant, ou du moins qui m'intéresse moi. Et ton poème (au demeurant, composé d'une belle plume !) m'a fait glisser dans ces réflexions, qui me sont assez coutumières.
A bientôt, Philippe, pour d'autres lectures de tes vers.
maintenant il y a une question qui entraîne à sa suite une ribambelle d'autres :
pourquoi écrire ?
ou pour qui ?
écrire pour être lu ?
écrire pour ne pas l'être ?
pour laisser une trace de son passage ?
pour se sentir vivant ?
pour ne pas vieillir ?
merci d'être aller si loin dans la réflexion, je ne pensais pas que ce texte déclencherait une telle remise en question
amtiés
Tu m'excuseras, mais mon commentaire visait uniquement ton poème, pas l'écriture en général...
Bien amicalement, Jack.
mais c'est vrai que j'ai une vision de la poésie en particulier et de l'écriture en général loin des clichés du lyrisme à tout prix ou du nécessairement beau
amitiés jack le silencieux
j'ai exprimé dans l'instant un ressenti brut sans arrière pensée
en général écrire est un plaisir parfois c'est douloureux
je ne peux pas l'expliquer
amitiés
phil
quelle espression !
amitiés
...Seul l'espoir peut me permettre de rester lucide
L'amour peut réparer ta vie mais l'amour peut détruire ton coeur
...Je marchais en plein air ce matin là, je n'en crus pas mes yeux
Cent milliards de bouteilles furent repoussées sur le rivage par la mer
Il semblerait que je ne sois pas le seul à être seul
Cent milliards de naufragés recherchant un chez-soi
Envoyant un SOS...
Je t'embrasse. lilas
et ressortir les yeux plein de mots.
MErci
Toute la force, toute l'attirance , mais aussi toute la violence, toute la répulsion - je le ressens ainsi- sont dans l'acte d'écrire. Les discussions qui suivent le cernent assez bien d'ailleurs.
Il y a des années que je me dis qu'il est vain de laisser des traces sur le papier, traces qui n'intéressent finalement que peu de personnes, et.. je continue cependant; alors , pourquoi??
amitiés