Vendredi 5 décembre 2008
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22:02
Volent mes mots icariens
Plumes et cire dans le dos
S’échappent du dédale
De mon imagination
Frôlent les embruns
Des flots bleus argentés
Grisés, enfin libérés
De moi, infâme Minos
Trahie, ma Pasiphaé
Livrée à l’aurochs blanc
Du Dieu Poséidon
De ses maux est vengée
Vil fruit d’une union
Odieuse et adultère
Le Minotaure furieux
Double hache en mains
Me jauge et me considère
De ses yeux d’airain
Tournent mes mots icariens
Par le Zéphyr portés
Vers l’horizon enflammé
Euphoriques, ils survolent
Dans un ballet aérien
Samos, Délos, Paros, Junon ...
Myriade d’îles cailloux
Taches de rousseur
Sur le visage d’Egée
Au loin, la belle Crête
Aux montagnes galbées
Veille, comme alanguie
Les oisillons novices
Sitôt sortis du nid
S’élèvent plus haut
Au péril de leur vie
Dans ce ciel libéré
Des lois de Cnossos
Moucherons attirés
Par l’astre Hélios
Flèches soyeuses
Téméraires duveteuses
Fusent à l’envie
Dans le cœur de feu
Fondent les cires,
Se détache le lin,
Brûlent les ailes ;
Foudroyés, nos oiseaux
Tombent et tourbillonnent
En spirales ébouriffées
Vers le gris adamantin
Des flots soudain agités
Le pécheur, le laboureur
Et le brave berger
Comme un seul homme
S’en trouvent pétrifiés
Tombe à l’eau la ligne
Avance seule la charrue
Se brise la houlette
Devant ce spectacle inouï
Quelques plumes roussis
Flottent sur les eaux calmées
D’une mer devenue Icarienne
Délicat, les corps calcinés
Je sors des fonds engloutis
Triste, le cœur à la peine
Solennel, je plie et referme
Sur les berges boisées
De mon bureau de chêne
Cette feuille vierge
Dernier tombeau
De mes mots icariens.
Texte déposé copyright.com, tous droits réservés.
Hommage « prosaïque » aux Métamorphoses d’Ovide et petit clin d’œil au tableau de Brueghel, « La chute d’Icare » ou « Paysage avec Icare ».
Par Rudesrêves
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Publié dans : Poèmes
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