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Profil

  • : Rudes rêves (poésies par Philippe Cougé)
  • Poésie contemporaine Rudes rêves
  • : Homme
  • : 17/10/1969
  • : france pays de la loire angers
  • : curieux photographie poésie
  • : Ancien journaliste, ancien critique, désormais président d'un groupe que j'ai fondé, j'ai participé à quelques groupes d'écriture et rédigé de nombreux articles dans des domaines très variés.Bientôt quadra (avec bonheur !), une femme, deux

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Mardi 4 novembre 2008 2 04 /11 /2008 13:38

Les mains dans les poches, je traîne les pieds dans les feuilles mordorées et rouges. Je ne sais plus comment ils m’ont amené ici, dans les allées herbues de ce cimetière. Je me souviens qu’en entrant, j’ai épargné le corps d’un petit brin de chrysanthème abandonné, la tige suppliciée par le passage d’une foule de souliers pressés. Partout c’est le même spectacle, une multitude de boursoufflures colorées, qui sang, qui or, qui blanche, habille les sépultures déjà surchargées de breloques de pierre et de métal. Les couleurs se battent avec le gris ambiant. Cette saturation colorée explose dans la luminosité de ce début novembre; le spectacle m’abîme les yeux : pour un peu j'en pleurerais ...

Entre deux concours de fleurissement funéraire - j’y vois même un chat de pierre qui semble désapprouver ma visite en faisant rouler deux billes d’Agathe - elle m’appelle : c’est la tombe abandonnée. Quelques cailloux jouent avec des pommes de pains fatiguées, sur une terre battue par le vent et la pluie. Bien sages, deux pots de plastique trônent comme deux frères, exhibant fièrement des roses et des glaïeuls du même plastique. On les croirait jumeaux dans la blancheur que leur a conférée le temps. Deux pousses de chiendents, pointent une verdure naissante et insolente qui semble dire : ne l’oubliez-pas ! Pas de nom, pas d’épitaphe, tout juste un numéro sur un piquet tordu et rouillé : 54680. C’est le dernier repos du Mort inconnu.

Deux allées plus loin, une planche de bois vermoulue obture un trou douteux, dans l’attente d’y recevoir convenablement, un nouveau locataire. Sur une photo sépia, la vieille dame d’à côté, semble indiquer avec un regard empreint d’une grande douceur, qu’elle s’ennuie de cette absence temporaire de voisin.

Alors que je m’apprête à rebrousser chemin, des voix d’enfants sautent par-dessus le mur d’enceinte. Ou alors c'est la voix des anges … J’ai beau tendre l’oreille, je n’entends que le silence, porté par le vent. J’ai dû rêver.

Je remets mes mains au fond de mon manteau et je franchis religieusement une rangée de cyprès qui semblent monter la garde, chevelus comme des bonnets de grognards. Au loin, les deux flèches de la cathédrale d’Angers percent un horizon strié de gris et de blanc. Une cloche sonne qui me sort de mon engourdissement. Le vent me chuchote qu’il est temps …



Par Rudesrêves - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Samedi 1 novembre 2008 6 01 /11 /2008 14:06


Du bout du doigt
Je caresse la soie
De cette rose gravure
Sur ta chair lisse
Une grêle nervure
Une belle cicatrice
Orne ta peau
Telle une enluminure

Je la vois oripeau
Et non salissure
Elle te rend unique
Cette organique cannelure
D’une beauté atypique
Elle est boursoufflure

Entre tes seins je me noie
Entre tes reins tu me vois
Fouetté par ta chevelure
Tandis que du bout du doigt
Je remonte la voie
De ta belle ciselure


Tous droits déposés, copyright.com.
Par Rudesrêves - Communauté : Poésie contemporaine
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Samedi 1 novembre 2008 6 01 /11 /2008 14:02


En ce jour des Morts
Il parcourt les tombes
Et ère dans ce décor
Rectiligne et froid
Avant-goût des limbes
Où seul le silence est roi.
Il la ressent pourtant pulser en lui cette vie,
A travers le cuir de ses chaussures vernies
Qui crissent sur le gravier blanc.
Combien avant lui se sont sentis
Aussi déplacés en ces lieux gris ?
Soufflant leur haleine vaporeuse,
Lèvres glacées, joues rouges sang :
Autant d’insolents narguant la Faucheuse.
N’est ce pas elle, cette blanche colombe
Perchée sur un mausolée de marbre blanc ?
Elle le guette et se drape dans les ombres
Elle en fera sous peu son pénitent
De ce mortel, de ce pauvre impertinent.
Sa place est là, dans ce cimetière,
Où d’autres viendront le pas amer
Faire crisser comme lui auparavant,
Leurs souliers sur les graviers blancs.
En ce jour des Morts,
Il renifle le froid.
Des cailloux protègent de leurs corps
Une couronne de mauvaises herbes,
Il renie l’effroi :

Il a trouvé sa tombe.





1er novembre 2008.
Par Rudesrêves - Publié dans : Poèmes - Communauté : Poésie contemporaine
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Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /2008 11:56


Les battements
Confidents
De mon cœur
Culbuteur
Me font l’effet
Barillet
Du tic tac
Elégiaque
D’un détonateur
Conspirateur
Par Rudesrêves - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Dimanche 5 octobre 2008 7 05 /10 /2008 13:58

La tête calée dans un oreiller moussu
Je regarde des écureuils enflammés
Dégringoler d’un châtaignier bossu
Dans une fragrance de noisette grillée

Court sur pattes, des potirons rigolos
En ribambelles rebondies
Chantent en cœur « hé ho !, hé ho ! »
La mine fendue et réjouie

Un hérisson malheureux
Ronronne blotti dans l’herbe
Il regarde l’œil amoureux
Chaque poil de ma barbe !

Un jeune cerf élaphe
Lorgne sur mes chaussures
D’une larme épitaphe
C’est du daim, c’est sûr !

Une jolie martre, la tête en bas
Me fait un clin d’œil aguicheur
Elle lisse son pelage chocolat
En un joli accroche-cœur

Un chêne qui s’est teint en roux
Bruisse d’un rire feuillu
Devant le ramage irrésolu
D’un petit érable chauve et jaloux

lls avaient l’air tellement trognons
Avec leurs petits chapeaux fétus
Et leurs petits pieds courts vêtus
Que j’ai goûté ces champignons !




Rudesrêves, octobre 2008, tous droits réservés.
Par Rudesrêves - Communauté : Poésie française
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Mardi 16 septembre 2008 2 16 /09 /2008 08:54

J’inventerais les contours
De mondes illégaux !

J’offrirais l’Immortalité
Aux enfants les plus sots !

Je concevrais les gènes
D’un Homme renouveau !

Je désintégrerais la Misère
La douleur, la haine !

J’enfanterais le bonheur
D’un grand coup de stylo !

Je ferais le pied de nez
Aux vers les plus beaux !


Si seulement ….

J’étais poète !
Par Rudesrêves - Communauté : Poésie contemporaine
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Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /2008 08:20
Il y a des jours
Où je me sens ...
Imparfait
Dernière clope
Ultime goulée de whisky
Le dragon ne crache plus
Faute de carburant

Il y a des nuits
Où je me sens ...
Incomplet
Dernière baise bâclée
Dernier orgasme glacé
Le reptile ne se love plus
Faute d’adjuvant

Il y a des jours, il y a des nuits …
J’ai fait le plein
D’eau de feu, de bon tabac
Vidé mes tracas
Hissé mes ébats
Je suis bien
Ca va !




Texte déposé copyright, tous droits réservés.
Par Rudesrêves - Communauté : Poésie contemporaine
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Dimanche 24 août 2008 7 24 /08 /2008 11:43


 La dernière phalange, bouclier contre bouclier

 

 Les hoplites étaient alignés
 Droits, tels des épis de blé
 Les cimiers bigarrés des casques
 Ondulaient dans les bourrasques
 Pieds calés dans la terre meuble
 Les soldats, humbles fils du peuple
 Attendaient le choc
 Plantés tels des rocs
 Paysans ou commerçants *
 Grecs, et tous braves gens
 Bouclier contre bouclier
 Guerriers du même collier
 Dans la phalange des Thébains
 Ces doigts d’une même main
 Ne craignaient ni le pieu, ni la flèche
 De la horde hérissée venue de Perse.

 

 
Les hoplites resserrèrent les rangs
Droits, ils formèrent un mur vivant
Cœurs battants derrière le fer
La droite protégée par le frère **
La sueur coulait sous les casques
La peur roulait sous les masques
Les mains, calleuses, soudain, se serrèrent
Montèrent les lances et tendirent les fers
Vague furieuse, les corps ennemis
Se disloquèrent sur la ligne unie
Se brisèrent les hampes dans la fange
Rougirent les piques de la phalange
Le bronze poli,  plia mais tint bon
Les cuirasses se couvrirent de horions
Moissonnés, les ennemis se dispersent
Brisés, leurs corps refluèrent à la Mer.


 

 
Ruedesrêves, 23 juillet 2008, texte déposé, tous droits réservés.

 

 

 
    * Hommage (fantaisiste) aux hoplites grecs venus nombreux mourir aux côtés des valeureux spartiates de Léonidas, qui eux étaient des soldats professionnels. L’histoire n’a retenu qu’eux, pas les pauvres paysans et pères de familles Thébains et Thespiens venus pour mourir aussi.

 

 
    ** Contrairement aux idées reçues, le bouclier creux (Aspis koilè ou Hoplon) se portait à main gauche et protégeait donc le côté droit de l’hoplite voisin.

 

Par Rudesrêves - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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