Samedi 10 janvier 2009
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Avec un stylet pointu
Je me suis égorgé.
Coulent les mots nus,
En un flot lent et continu.
Avec un morceau du miroir
J’ai tranché ma veine.
Gicle toute cette peine,
Dans la baignoire désespoir.
Avec une corde noueuse
J’ai brisé mes vertèbres.
S’essoufflent les vers célèbres,
Sur une potence anxieuse.
Avec un vers effilé
J’ai tranché l’inspiration
Suinte la dérision,
De ce Moi suicidé.
Avec de la chevrotine
J’ai dispersé mon spleen.
Se répandent ces restes infâmes,
Qui tachent à jamais mon âme.
Avec un filet de gaz
J’ai empoisonné mon air.
S’asphyxie de ses phrases,
L’auteur de misère.
Avec un adjectif affuté
J’ai percé mon cœur.
S’égrène ma dernière heure,
Du petit poète inhabité.
Lire aussi "Vivisection du poète" diptyque trash intitulé :
"La mort du poète".
Par Rudes rêves (poésies par Philippe Cougé)
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Publié dans : Poèmes
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Communauté : L'écriture dans tous ses états
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