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Poèmes

Jeudi 1 janvier 2009 4 01 /01 /Jan /2009 00:00


J’ai absorbé jusqu’à plus soif
Vidé le tonnelet des Danaïdes
Siroté des fleuves alcaloïdes
Le nez dans l’abreuvoir à vaches

J’ai picolé comme on s’efface
Vampirisé le sang du christ
Détourné des ruisseaux tristes
Ma gueule de bois dans la besace

J’ai vogué de tripots en dépotoirs
A voile et dans les vapeurs
La nausée crochetée au cœur
Je touche quai : il faut dé boire !

Sobre rescapé que l’ivresse décime
J’ai voué aux enfers toutes les saintes
Et prié Guillaume pour de l’absinthe
J’en aurais prostitué mes rimes

J’arbore des voiles aux taches vinasses
Et hisse haut une oriflamme blanche
Sur le radeau de mes regrets étanches
La tête sous l’eau, ma flamme trépasse





Texte déposé copyright, tous droits réservés.
Par Rudesrêves - Publié dans : Poèmes - Communauté : Poésie française
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Mardi 23 décembre 2008 2 23 /12 /Déc /2008 14:34



J’ai pris du recul
J’ai aspiré du vide
A la paille
J’ai tricoté le pull
De mes bides
De mes failles

Jusqu’à l’écœurement

J’ai râpé mon cul
Sur la paille
De mon désœuvrement
J’ai joui dedans
J’étais fébrile, avide
J’ai trempé le doigt

Dans une flaque de sang

Tantôt
Noir poisse
Tantôt
Blanc apside
J’ai imbibé
Les mailles

Détricoté le sentiment


J’ai lapé

Mes angoisses
J’ai enfilé
Mes émois
J’ai filé
L’émail

De mes ressentiments

J’ai mijoté
Mon désarroi
J’ai pataugé dedans
Il me nargue, me sourit
Je le vomis
Acide

Inévitablement


 

Par Rudesrêves - Publié dans : Poèmes - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Samedi 1 novembre 2008 6 01 /11 /Nov /2008 14:02


En ce jour des Morts
Il parcourt les tombes
Et ère dans ce décor
Rectiligne et froid
Avant-goût des limbes
Où seul le silence est roi.
Il la ressent pourtant pulser en lui cette vie,
A travers le cuir de ses chaussures vernies
Qui crissent sur le gravier blanc.
Combien avant lui se sont sentis
Aussi déplacés en ces lieux gris ?
Soufflant leur haleine vaporeuse,
Lèvres glacées, joues rouges sang :
Autant d’insolents narguant la Faucheuse.
N’est ce pas elle, cette blanche colombe
Perchée sur un mausolée de marbre blanc ?
Elle le guette et se drape dans les ombres
Elle en fera sous peu son pénitent
De ce mortel, de ce pauvre impertinent.
Sa place est là, dans ce cimetière,
Où d’autres viendront le pas amer
Faire crisser comme lui auparavant,
Leurs souliers sur les graviers blancs.
En ce jour des Morts,
Il renifle le froid.
Des cailloux protègent de leurs corps
Une couronne de mauvaises herbes,
Il renie l’effroi :

Il a trouvé sa tombe.





1er novembre 2008.
Par Rudesrêves - Publié dans : Poèmes - Communauté : Poésie contemporaine
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