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Quelques poèmes, pensées du jour, haïkus, présentées sans prétention aucune ...
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J’ai absorbé jusqu’à plus soif
Vidé le tonnelet des Danaïdes
Siroté des fleuves alcaloïdes
Le nez dans l’abreuvoir à vaches
J’ai picolé comme on s’efface
Vampirisé le sang du christ
Détourné des ruisseaux tristes
Ma gueule de bois dans la besace
J’ai vogué de tripots en dépotoirs
A voile et dans les vapeurs
La nausée crochetée au cœur
Je touche quai : il faut dé boire !
Sobre rescapé que l’ivresse décime
J’ai voué aux enfers toutes les saintes
Et prié Guillaume pour de l’absinthe
J’en aurais prostitué mes rimes
J’arbore des voiles aux taches vinasses
Et hisse haut une oriflamme blanche
Sur le radeau de mes regrets étanches
La tête sous l’eau, ma flamme trépasse
En ce jour des Morts
Il parcourt les tombes
Et ère dans ce décor
Rectiligne et froid
Avant-goût des limbes
Où seul le silence est roi.
Il la ressent pourtant pulser en lui cette vie,
A travers le cuir de ses chaussures vernies
Qui crissent sur le gravier blanc.
Combien avant lui se sont sentis
Aussi déplacés en ces lieux gris ?
Soufflant leur haleine vaporeuse,
Lèvres glacées, joues rouges sang :
Autant d’insolents narguant la Faucheuse.
N’est ce pas elle, cette blanche colombe
Perchée sur un mausolée de marbre blanc ?
Elle le guette et se drape dans les ombres
Elle en fera sous peu son pénitent
De ce mortel, de ce pauvre impertinent.
Sa place est là, dans ce cimetière,
Où d’autres viendront le pas amer
Faire crisser comme lui auparavant,
Leurs souliers sur les graviers blancs.
En ce jour des Morts,
Il renifle le froid.
Des cailloux protègent de leurs corps
Une couronne de mauvaises herbes,
Il renie l’effroi :
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