Le carnaval s’est tu
Les serpentins de fer dégringolent
Et la poussière retombe
Les masques sanglants jonchent le sol
Les linceuls sous les bombes
Les comédiens ne se relèveront pas
Désarticulés ils font corps
Avec le macabre décor
Dans une pluie de paillettes métalliques
Les chenilles broient et quadrillent
Il n’y aura ni supplique ni rappel,
Le carnaval s’est tu
Restent en scène :
La mort et la haine
Et moi
Devant l’écran
A vomir
Ma bile.
Tu es le garrot de soie De mon hémorragie prosodique
Tu es le baume galvanique De ma tétanie narcissique
Tu es le Sphinx de l’émoi, Des réponses à mes pourquoi
Tu es la caresse analgésique De mes écrits désarroi
…
Ma Panacée, chaque jour je bois A tes lèvres, ma source poétique
Cette nuit, je ne dormirai pas
J’écouterai le silence
Seul, sous la lune, un peu las
Je ferai pénitence
Assis avec ma peine
Rêvant mes poèmes
Cette nuit, je promènerai mon âme
Seul, dans le vague
Au plus profond de la forêt
J’errerai ad vitam
Zombie de vos nuits
Hérault et poète maudit
Cette nuit, je ne vivrai plus
Fantôme d’opérette
A tout jamais perdu
Mon boulet en gourmette
Bien ridicule terrien
Qui ne lègue rien
Cette nuit, je rejoindrai un ailleurs
En silence, sans envieux
Fait d’espoirs et de meilleurs
Je vous enverrai mes vœux
Moi, ni bon ni mauvais
Qui fut frère de lait
Cette nuit, j’enivrerai votre souffle
Au rythme de vos peurs
Et veillerai qu’aucun ne souffre
Ange gardien rêveur
Omniprésent mais léger
Heureux, enfin libéré
Trois textes indépendants, pour décrire un seul état d’âme, en plein été ...
J'ai fait sécher mon Spleen au soleil (1)
J’ai étendu mes pensées Aux couleurs délavées Sur un fil d’argent (blanc)
J’ai suspendu mon cœur d’enfant Beau sépia d’antan Sur un fil éthéré (rouillé)
J’ai déplié mon âme froissée Par mes peines cumulées Sur un fil d’espoir (noir)
J’ai accroché mes idées noires Avec mes rêves illusoires Sur un fil magique (élastique)
J’ai déroulé ma vie anecdotique Spleen tragi-comique Sur un fil d’amour (velours)
Spleen au soleil (2) …
Mon spleen d’un jour Se délite dans le vent Le soleil hésitant Darde un rayon velours Trou le nuage tragique De ma vie sur cet étendoir Déchire le voile Noir De ses lances mirifiques
Spleen au soleil (3) ...
Pathétique,
Enfant
Hypnotique,
Blancheur
Rêveur,
Gisant.
Les ailes du vent Caressent mesjouesrêches Lesembrunsfrais et salés Entrouvrent mes lèvres sèches Lechantdes branches lascives Taquine mes tympansivres Hélios, pâle amant ardent Consume monâmefilament Le citronnier fait larévérence L’olivier, majestueux, s’incline
Sur unlitdefeuilles,
Bien heureux,
Jedodeline,
Sur leseuil,
Duparadis, Tranquille,
Enerrance,
Je merêve,
Immortel.
Ecrit à l'ombre de l'olivier, sur l'île de Noirmoutier, août 2008.
Frères humains, qui après nous viendrez,
N’ayez point pitié de nos cœurs noircis:
Dieu vous dira plutôt un grand merci.
Vous nous voyez ici très attachés,
Grappes de pantins désarticulés,
A nos jouets d’acier mus par la foudre ;
Nos corps éclatent d’être trop nourris ;
Prions Dieu que vous vouliez nous absoudre !
Quoique fûmes occis par vanité,
Votre dédain né à posteriori
N’efface pas la culpabilité ;
Bas et amers, nous avons tout gâché,
Nous sommes morts, âmes bien perverties,
Desséchés et noircis nos os de poudre
Nos orbites vides, nos yeux crevés.
Prions Dieu que vous vouliez nous absoudre !
Ici, la pluie acide a tout rongé,
Vestiges de notre folle industrie ;
Paysages carbones et aciers,
Fruits de nos fourneaux débridés, impies,
Triste destinée vous a t’on laissée
Orphelins, votre planète à recoudre,
Rejetons d’une société pourrie.
Prions Dieu que vous vouliez nous absoudre !
Gardez vous bien que l’Enfer soit ici ;
Dans la tombe fraîche creusée assis,
La violence vous aurez fait sourdre.
Témoins de nos faiblesses infinies,
Prions Dieu que vous vouliez nous absoudre !
D'après La ballade des pendus de François Villon (respect de la forme et des rimes, pour le reste : les puristes vondront bien m'absoudre !!)
La nuit a tout recouvert
De son noir linceul étoilé
Seul, j’écoute le silence
Assourdissant de souffrance
J’entends la douce rosée
Perler sur mon haubert
Je serre dans mon poing
Ma lance, dont brille le fer
Et calme du plat de la main
Mon cheval de guerre
La lumière froide
D’une lune d’automne
Irise ma lame roide
Je rabats mon heaume
Et charge en silence
Assourdissante puissance
Martèlent les sabots
La lande en frisonne
Pathétique héros
Naseaux au vent
Guerrier d’antan
Seul, à un contre cent
Mort avant longtemps
Mais droit et fier
La nuit, bientôt, aura tout recouvert
De son noir manteau de sang …
A l’orée de Brocéliande,
Où l’herbe même est légende,
Assis, j’écoute le silence,
Assourdissant de magnificence,
Sous la pâle lune d’automne
Le dieu-chêne fredonne
Engourdi, je m’endors
Sur une couche feuilles d’or « Lancelot … »,me susurre le vent.
A lire sur les magnifiques mélodies de Dead can dance, laissez-vous transporter par la voix incroyable de Lisa Gerard !
Une double dédicace pour ce texte (deux femmes, normal il y a un peu de Lancelot qui sommeille en moi ... ) :
Ancien journaliste, ancien critique, désormais président d'un groupe que j'ai fondé, j'ai participé à quelques groupes d'écriture et rédigé de nombreux articles dans des domaines très variés.Bientôt quadra (avec bonheur !), une femme, deux
:
Quelques poèmes, pensées du jour, haïkus, présentées sans prétention aucune ...
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